CHRONIQUE D UN DEPART ANNONCE

CHRONIQUE  D UN DEPART ANNONCE LA PROVINCIALE

Un jour, une maladie m’a obligée à quitter mon travail pendant huit mois.

La maladie était là, j’étais clouée au lit ou vautrée sur mon canapé et j’ai eu le temps de lire bien sur, mais aussi de réfléchir à mes rapports avec les autres.

Je travaillais dans une entreprise depuis 28 ans, j’avais des collègues depuis 28 ans, nous déjeunions ensemble, nous papotions au bureau, j ai cru que c’était des amies.

Et puis je suis tombée malade, sur mon canapé, à penser à ma vie en attendant que mes collègues m’appellent. J’ai attendu …. Longtemps , à part une amie proche qui travaillait avec moi , personne n’a pris la peine de me demander des nouvelles , aucune de ces femmes avec qui j’avais partagé pendant 28 ans les naissances, les anniversaires, les fêtes de bureau, les divorces quelquefois, les pleurs, les rires, les joies, aucune n’a pris 2 mn de sa vie pour simplement me demander si j allais mieux.

Si une ! Ma responsable hiérarchique m ‘appelait régulièrement pour me demander ma date de reprise ……..

Mes 8 mois d’immobilité forcée m’ont permis de faire le point sur ces relations de bureau, ces morceaux de vie que l’on partage pendant des années et qu’une absence de quelques semaines détruit , comme un immense château de carte qui s’effondre au moindre coup de vent.

Au début j’ai pleuré , je me suis sentie rejetée «personne ne m’aime» !!! Et peu à peu je n’ai plus ressenti que de l’aigreur et de la colère.

J’ai repris mon travail comme si je l’avais quitté la veille , aucune parole de sympathie, aucune empathie , rien. Mais je ne pouvais plus travailler , mon corps n’a pas suivi donc j’ai été licenciée.

Un choc , un naufrage, un bouleversement, un sentiment d’injustice, de dégout.

A partir du moment ou j’ai quitté le bureau plus aucune nouvelle de personne. Le monde du travail ,mon monde pendant 28 ans m’a rayé d’un coup de «blanco» .

J’ai attendu ces phrases, ces encouragements, ces petits mots qui font plaisir, qui donnent le sourire, qui consolent. Rien , pas une phrase, pas un mot, pas un sourire , pas un coup de fil, le néant ….

28 ans de cohabitation avec des collègues que l ‘on prenait pour des copines, 28 ans de fou rire, 28 ans d’angoisses devant le travail parfois, 28 ans de labeur , 28 ans balayés d’un jour à l’autre. Le licenciement n’est pourtant pas contagieux ? De quoi ont elles eu peur ? Ou est ce seulement de l’indifférence ?  une indifférence telle que notre société est en train d’en mourir.

Au début J’ai eu mal, très mal. Heureusement j’ai toujours privilégié ma vie de famille à mon boulot, je n’ai jamais été une ambitieuse , ma vie privée et ma famille sont toujours passées avant mon boulot. Et comme j’ai eu raison ! Aujourd’hui ce sont mes proches qui sont avec moi , j ai l impression que mes collègues n’ont jamais existées.

Finalement ce licenciement m’a permis de rebondir autrement et d’orienter ma vie différemment . Aujourd’hui je travaille chez moi, je suis beaucoup plus sereine, je ne cours plus du matin au soir, j’apprends à me poser et à apprécier ce qui compte vraiment. Je n’aurais jamais plus de promotion, je ne serais jamais riche mais je suis beaucoup plus heureuse en me levant le matin.

En ce moment je travaille sur le bonheur, je prépare un article sur les meilleures façons de réussir sa vie et croyez moi n’en déplaise aux carriéristes, je persiste et je signe on ne réussi pas sa vie en faisant carrière mais en étant aimés tout simplement.

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3 Commentaires

  1. 17 octobre 2012 / 11 h 42 min

    Malheureusement, on se rend compte que la maladie isole alors qu’on a tellement besoin des autres dans ces moments là.
    L’essentiel est que tu sois maintenant heureuse et fière de ce que tu fais.

  2. Corinne
    17 octobre 2012 / 11 h 27 min

    La vie n’est pas un long fleuve tranquille !!! on prend des coups mais on se relève du moment que ma famille est en bonne santé pour moi c’est tout ce qui compte
    merci pour tes passages bises

  3. 17 octobre 2012 / 10 h 07 min

    C’est triste. J’ai travaillé pendant 5 ans avec une femme que je considérais comme une amie et puis, un jour elle est partie (de son propre chef). Je lui ai laissé plusieurs messages sur son portable, elle ne m’a jamais rappelé. Je me dis qu’elle avait surement besoin de couper complètement les ponts avec son ancienne vie.
    En tout cas, j’aime beaucoup ta nouvelle philosophie de vie. Bises

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