LE REGARD DES AUTRES

LE REGARD DES AUTRES

La provincialePendant des années, je me suis attelée à des régimes sévères et restrictifs synonymes de frustration.
Pendant de années, j’ai été considérée comme la grosse de la bande, la faire-valoir des copines minces, la rigolote mais qui reste sur sa chaise pendant les boums (je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans… De mon temps on disait les boums !).

Pendant des années, je me suis enfermée dans ma chambre pour pleurer et boulotter du chocolat.

Pendant des années, j’ai souffert du regard des autres, des jugements, des moqueries, des quolibets.

Pendant des années, je me suis habillée comme un sac parce que je n’osais et ne pouvais porter les tenues qui me plaisaient (d’où mon addiction au shopping aujourd’hui !).

Pendant des années, j’ai perdu un temps précieux à me dévaloriser au lieu de m’épanouir et tout cela à cause de ce fameux regard des autres, ces jugements sans appel, ce culte de la minceur.
Je suis passée à coté de beaucoup de plaisirs, de sorties, de rencontres à cause de ce poids qui m’obsédait.
Et puis un jour, j’ai maigri, au prix de sacrifices énormes, de privations, de larmes, au détriment de ma santé mais j’y suis arrivée. Enfin je suis arrivée à un poids normal, je ne serai jamais grande et mince mais le résultat est une grande réussite pour moi.
Pourtant, quelque part au fond de moi, j’ai toujours ce lancinant refrain qui m’obsède, les mots que j’entendais plus jeune : « la grosse ».
Quand j’essaye un vêtement, je prends systématiquement la taille L, voire XL  avant de me rendre compte que c’est trop grand ! Et quoi que j’en dise, le regard des autres a toujours une grande importance !
Bref, je pense que je ne me remettrai jamais de ce traumatisme. Bien sûr, il y a des choses plus graves dans la vie me direz-vous !
Certainement mais pour moi, toute ma vie a été une épreuve, une lutte contre mon corps.
Aujourd’hui, je milite contre le culte de la minceur qui rend les jeunes filles anorexiques ou boulimiques, je m’insurge contre ces couturiers qui demandent à des jeunes filles de perdre 10 kg pour accéder aux podiums. Je m’énerve contre ces magazines qui à longueur de numéros nous parlent de régimes mais qui mettent en couverture des mannequins anorexiques ! Je suis en colère contre cette société qui ne juge que l’apparence. J’ai entendu dernièrement une personne qui a porté plainte pour discrimination contre une entreprise qui a refusé de l’embaucher au motif qu’ils n’auraient aucun uniforme à sa taille !
J’aimerais que la société soit un peu plus tolérante, un peu plus intelligente et comprenne que les mots et les regards peuvent blesser et laisser des traces indélébiles. J’aimerais changer les mentalités, faire bouger enfin les choses. Une utopie ? Certainement mais on peut rêver…

 

  Cet article est paru en avant-première sur le webzine “So Buzy girls”.

macaron-redactrices-rose-300px

Suivre:

25 Commentaires

  1. minouche
    15 novembre 2013 / 9 h 05 min

    eh oui moi aussi je fais partie de ces rondes qui ont eu beaucoup de difficulté à s’accepter. Adolescente je me trouvais moche et jamais personne ne m’a dit que j’étais une très jolie petite fille. La boulimie ne nait pas par hasard et le regard que l’on a de nous même est bien le résultat de celui que l’on a posé sur nous enfant. Selon comment nous allons évolué notre regard changera également. Ce qui me parait essentiel c’est d’apprendre à aimer son image, son esprit, se donner le droit à l’amour. Car le poids c’est aussi une question d’amour. Cet amour qui nous a manqué, cette considération maternelle ou fraternelle insuffisante qui nous a plongé dans un vide tel que nous compensons par la nourriture.
    Mais le manque affecif est le manque et rien ne le remplacera. Alors apprenons à accepter ce qui été ,ce que nous sommes et ce que nous deviendrons. Le regard des autres est leur propre vision de ce qu’il pensent pour eux, d’ailleurs ils ne nous voient pas, ce sont eux qu’ils regardent à travers nous. Réagissez au mépris par la tolérance et l’indulgence car celui qui vous juge dans l’instant, a autant de souffrance que vous.

  2. 23 octobre 2013 / 10 h 09 min

    Je sais de quoi tu parles ! J’ai été une petite fille boulotte et on m’appelait “affectueusement” la grosse mémelle… Flatteur, tu ne trouves pas ? Puis j’ai minci, j’ai regrossi, j’ai reminci et ainsi de suite jusqu’à ces dernières années où j’ai passé le seuil de tolérance, de ma tolérance. Depuis quelques temps, je fais comme toi, je me bats au détriment de beaucoup de choses. Du reste mon blog s’en ressent car moins de billets gourmands… on m’a fait le reproche. Pas facile d’être bien dans son miroir et j’en sais quelque chose ! Bises

    • 23 octobre 2013 / 10 h 40 min

      Nous sommes nombreuses à avoir connu ce genre de situations ! perso je me bats avec moi meme pour me mettre en photo sur mon blog avec mes propres tenues ! le jour ou je le ferai sera une “grande” victoire pour moi… Oser être une blogeuse mode cinquantenaire et d’1m60 !!!!

  3. Claudine
    23 octobre 2013 / 2 h 03 min

    …… En résumé, comme le dit le philosophe :
    «La liberté, c’est de ne plus dépendre du regard des autres»… !!
    Tout un programme !….
    «J’y travaille, Docteur, j’y travaille !» 🙂

  4. 22 octobre 2013 / 18 h 16 min

    Ma vie n’a été qu’une suite de régimes, de reprises de kilos et de régimes et de reprises alors je sais de quoi tu parles!

    • 22 octobre 2013 / 18 h 56 min

      Et oui nous sommes nombreuses dans ce cas là ! maintenant j’essaie de passer outre le “regard des autres” !

  5. 22 octobre 2013 / 15 h 15 min

    C’est le regard des autres qui assassine !
    Il faut de la maturité pour absorber le jugement des autres ; et il faut s’aimer d’abord et pour cela on a besoin d’un environnement favorable, aimant, que ce soit la famille ou les amis. Quelle horreur lorsque les pères et plus souvent encore les mères critiquent leurs filles, les traitent de grosses ! Comment évoluer normalement ?
    Rajoutons à cela les médias qui nous bassinent avec un idéal de fille qui est hors norme en réalité.
    Nous voulons être ou rester belles, bien sûr, mais dans le respect de chaque morphologie. Nous sommes des individus et voulons le rester.
    C’est dans ce sens qu’il faut protéger nos filles et petites-filles !

    • 22 octobre 2013 / 19 h 02 min

      Je fais partie de celles qui ont eu aussi des reflexions blessantes dans leur famille et c’est le plus terrible, maintenant j’ai Chéri qui m’a donnée une grande confiance en moi ….et bien sur la maturité qui me permet de passer outre ….

  6. 22 octobre 2013 / 12 h 08 min

    Bienvenue et merci pour ce commentaire, j’essaie de mettre un peu d’humour dans mes appréciations , j’essaie de faire rire aussi et d’ajouter une touche de futilité…..

  7. 22 octobre 2013 / 10 h 47 min

    bonjour,

    je viens de connaître votre blog qui est plein de bon sens et j’aime beaucoup votre appréciation sur la vie et les évènements heureux ou malheureux qui la composent.

    effectivement, le regard des autres n’est toujours pas le meilleur et n’est pas forcément le plus objectif mais il nous renforce dans notre image de soit et après tout vous le disiez, un peu d’égoïsme fait du bien : du temps pour soi et rien que pour soit. youpi!!!

    valérie .

  8. sandrine
    22 octobre 2013 / 10 h 42 min

    les complexes ne concernent pas que le poids… je suis d’une IMC dite “normale”, mais je ne suis vraiment pas très grande… j’ai subi aussi les quolibets des enfants et ados selon mon age, mais aussi celle des adultes… cela m’a vraiment beaucoup fait souffrir car contrairement au poids, je ne peux absolument rien faire pour grandir, aucun régimes ne pourra changer cela. de plus, ado, je n’était pas très jolie et pas populaire (cela va de soi…). j’ai eu une prise de conscience assez brutale et rapide de ma non possibilité de changement, et du faite que je me gâchais la vie à ne me concentrer que sur ce qui n’allait pas chez moi… j’ai eu une période ou je me suis cherché, et elle a durée assez longtemps, puis à force de tâtonnements, j’ai réussi à trouver ce qui me mettait en valeur ou pas. et le constat que j’en fait, c’est que la société n’est pas (forcement) plus gentille envers les gens je dirais “dans les normes”, puisque moi je ne le suis pas, mais plutôt envers les gens qui s’assument telle qu’elles sont et qui s’aiment (au moins un peu)… il est sûre que l’image que l’on donne est importante, mais je pense qu’un sourire vaut mieux que la minceur, ou une taille standard, car si certain aiment les rondes et d’autres les minces, certains préfèrent les petites et d’autres les grandes, je pense que l’on peut de façon universelle dire que l’Homme est conquis par le sourire et l’aura ou le charisme que dégage la personne en face de soi… on regardera plus facilement quelqu’un qui marche de façon sûre d’elle dans la rue que quelqu’un qui regarde ses pieds, et cela quelque soi le physique de celle ci. mais malgré cela, il m’est quasiment impossible de me départir de mes talons 😉 . j’ai maintenant un mari qui m’aime et que j’aime plus que tout, 3 magnifiques enfants auxquels j’essaie d’apprendre que TOUT le monde est différent, et qu’il ne faut JAMAIS laisser quelqu’un de coté a cause d’une différence…
    ma belle mère, qui est très grande et très ronde, et qui est une des plus belle femme que je connaisse, aussi bien a l’intérieur qu’à l’extérieur, a l’habitude de dire que pour aimer les gens, il faut commencer par s’aimer soi même… désolée pour le pavé 🙂 … amicalement
    Sandrine

    • 22 octobre 2013 / 12 h 06 min

      J’aime beaucoup “ton pavé” ne t’excuses pas ! en plus je suis tout à fait d’accord mais je pense que les mentalités auront du mal à changer. Ce qui compte je pense ce sont nos proches que nous aimons et qui nous le rendent bien, à bientôt sur ce blog

        • sandrine
          31 octobre 2013 / 18 h 47 min

          pardon, je viens de me rendre compte que c’est toi qui me l’a fait découvrir ;p…..

  9. Ridée rieuse
    22 octobre 2013 / 9 h 15 min

    tout pareil. habillée comme un sac pendant des années. j’ai perdu 7 kg l’année derniere, avec ww. au lieu de m’affamer de salades et de craquer une heure après, j’ai decouvert les féculents qui me permettent ‘oh miracle ‘de ne pas avoir faim jusqu’au repas suivant.
    Comme j’ai perdu une taille, ça va mieux. objectif, ne pas dépasser 60 kg. pour 1.60 m.
    mais ce n’était pas une souffrance, juste une contrariété quand je me regardais dans le miroir, mais j’évitais les miroirs.

    • 22 octobre 2013 / 12 h 04 min

      Il faut savoir s’accepter et surtout s’aimer ! donc aimer aussi son miroir ! merci pour tes commentaires sur mes articles j’apprécie beaucoup ta fidélité

  10. COCCIALE Patricia
    21 octobre 2013 / 22 h 50 min

    C’est drôle, on dirait que c’est moi qui parle !
    J’ai 56 ans maintenant, je ne suis toujours pas en paix avec ça. On ne dira jamais assez la souffrance que cette pression de la société, des autres et dans mon cas de ma mère peut engendrer.

    • 22 octobre 2013 / 5 h 48 min

      C’est une vraie souffrance seuls sont qui l’ont connue peuvent comprendre

  11. misscoco
    21 octobre 2013 / 22 h 38 min

    je pense que jeune il est difficile d’avoir suffisamment de discernement et d’assurance pour ne pas s’inquiéter du regard des autres.
    A mon sens cela vient avec le temps. Et aussi pour ma part avec la découverte, toute simple que : ce que disent les autres ne regarde et ne concernent qu’eux.
    Si par exemple, j’attends “elles sont moches tes chaussures”…cela est le regard de l’autre, son gout, sa vision des choses. En cas suis je concernée ? Devrais je m’attrister de cela. Puis me réjouir quelques temps après presqu’une personne va me dire qu’elles sont belles ?
    Je suis une femme indépendante et à mes yeux indépendante ne veut pas seulement dire que je gagne ma vie. Indépendante veut dire aussi que je ne dépends pas du regard des autres…ce qui me permet de rester stable, de ne pas être soumettre mon humeur, telle une feuille au vent aux remarques des uns et des autres.
    Je ne peux pas contrôler les autres. La seule chose que je puisse contrôler c’est moi, mes émotions, mes réactions, mon comportement. C’est moi qui décide de mon humeur, pas les autres. Bien sur je suis triste, si un évènement triste survient dans ma vie, et heureuse si un évènement heureux apparait. Mais pour le reste, je développe mon esprit anti-adhésif…ça glisse, tel l’eau sur les plumes d’un canard..;et depuis je suis beaucoup plus sereine. Sur ce…bonne nuit les petits poum poum poum….

    • 22 octobre 2013 / 5 h 47 min

      Tres belle philosophie, je vais essayer de m’en inspirer ! Merci Corinne

Envie de commenter ? N'hésitez pas , vos commentaires sont un plaisir et vous aurez une réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.