Les enfants sont rois : le voyeurisme 2.0

En fermant le livre Les enfants sont rois de Delphine de Vigan, lu d’une traite  en un week-end, j’ai eu envie de me pencher et de réfléchir  sur notre nouvelle façon de vivre 2.0

Le livre traite d’un sujet très actuel, le voyeurisme et l’exhibitionnisme à travers les médias et notamment YouTube et Instagram. 

Vivre pour être vu, vivre par procuration, la triste réalité d’une vie creuse et vide. 

La quête du Graal  : être vu et reconnu et avoir une pseudo notoriété via le net. 

L’auteure, à travers une histoire criminelle, pointe les dangers et les dérives du monde virtuel. Elle met en scène deux femmes, une mère qui offre ses enfants en pâture sur les réseaux sociaux et une jeune inspectrice de police dépassée par ce monde qu’elle ignore et qu’elle va découvrir avec effarement.

Deux profils de femmes qui semblent aux antipodes. Leur chemin va se croiser dans des circonstances tragiques.

Je n’entrerai pas plus avant dans l’histoire pour ne pas la dénaturer, mais je vous incite fortement à lire ce roman étonnant et brillant.

Le sujet est traité avec tout le talent de Delphine de Vigan, le ton est tranché et elle s’attaque avec brio aux dérives de ces réseaux qui sont tout sauf sociaux ! De ces femmes prêtes à tout pour un peu de notoriété, prêtes à “vendre” leurs enfants aux sirènes du consumérisme et du voyeurisme. 

Un livre étonnant, fascinant et dérangeant qui met en exergue cette propension à vouloir exister à travers un écran.

Le voyeurisme les enfants sont  rois

Le voyeurisme comme ambition

Se montrer, être vu, choyé, admiré, adulé par “like” interposé est devenu monnaie courante aujourd’hui via Instagram et YouTube ou Facebook.

Ne plus  vivre sa vie que par écran interposé devient une évidence pour certains.

On poste dans une sorte de compulsion, dans le but d’un retour émotionnel et affectif qui ne sert qu’à remplir la jauge de l’estime de soi, une sorte de quête identitaire. Cette compulsion à publier révèle une fragilité narcissique qui démontre une grande fragilité.

De plus en plus de jeunes et de moins jeunes, puisque ce syndrome rejoint ma génération, s’engagent dans ce processus de valorisation nombriliste qui consiste à vouloir être aimé, non pas pour soi, mais pour l’image que l’on véhicule sur les réseaux. 

S’engage alors une course effrénée aux followers dans une supercherie effarante à exposer nos faits et gestes sur le net.

Être vu pour exister : la guerre des réseaux

Aujourd’hui si vous n’avez pas plus de 10k followers « vous avez raté votre vie, » c’est à peu près le mantra des addicts aux réseaux qui ne vivent que pour leur nombre de vues.

Se montrer pour exister est devenu une nouvelle religion. 

Les terrasses sont ouvertes ? Tout le monde expose son petit café ou son apéro. Le message est clair : “oui mon aussi je sors, je vis, je le montre, il faut que je prouve que je suis heureuse !”

Il faut se faire vacciner ? Instagram regorge de photos de bras piqués ! 

C’est l’été ? Vite montrer sa destination de rêve et poster une photo au bord d’une piscine. De plus les photos en maillot et plus ou moins dénudées engrangent un maximum de vue ! 

Je suis vue, je suis likée, je suis aimée ! 

La réalité de l’instant, le “tout de suite” et surtout le “tout comme tout le monde”. 

Les étudiants en psychologie ont de très beaux jours devant eux et un avenir radieux !

La consommation Fast Food 

Mais tout ne s’arrête pas à une photo, la consommation est au cœur de la plupart des scenarii. 

Acheter, déballer, montrer semble être le comble du bonheur. Sans consommation point de salut. Et les marques s’engagent avec brio dans ce déballage, se servant des “influenceuses” crédules comme de pantins bien programmés pour vendre encore plus.

La règle est la même pour toutes les vidéos et tous les posts obéissent au même ressort dramaturgique, la satisfaction immédiate du désir et susciter l’envie. L’envie de consommer et surtout envier la personne derrière son écran.  Et finalement envier une vie factice.

Si Instagram et Facebook sont le réservoir de toutes les velléités de notoriété, le réseau Twitter est pire. Un réseau sur lequel se déverse toute la bêtise humaine et la méchanceté quotidienne sous couvert d’un pseudo. 

J’en veux pour preuve le déversement de haine qu’a subi la chanteuse Louane suite à sa prise de poids. Louane vient d’accoucher et comme la plupart des femmes, elle a gardé quelques kilos après sa grossesse. Mais sur Twitter aucune pitié les commentaires salaces, désobligeants et haineux ont afflué.

Démontrant la bêtise et la vacuité de ces internautes qui écrivent pour faire mal, et pour se  donner l’illusion d’exister à travers des commentaires affligeants de bêtise.

Quand le voyeurisme devient la règle

Je lisais récemment un article où l’on interrogeait des jeunes élèves de troisième sur leurs souhaits de carrière. En lieu et place de désirs habituels d’être prof, médecin, fleuriste, avocat ou policier, la plupart des garçons ont répondu “je veux devenir youtubeur ! Et le rêve des filles “devenir une instagrameuse célèbre !”

Au risque de subir le syndrome du  “vieux con”, je reste sidérée par les rêves de ces jeunes biberonnés à la téléréalité dès la maternelle.

C’est exactement ce que dénonce Delphine de Vigan dans son roman. L’enfance volée sur l’autel du consumérisme et du voyeurisme par une mère en quête de reconnaissance.

Les deux faces d’un miroir glaçant, ceux qui veulent se faire voir, ceux qui regardent, avec l’illusion de notoriété et d’argent facile.

Le paradoxe de Big Brother 

voyeurisme

Pour vivre heureux vivons cachés” dit la maxime. Nous en sommes loin et il est plaisant d’entendre certains se plaindre de leur liberté entravée. Liberté qu’ils broient à longueur de temps en étalant leur vie privée, intime et leur anatomie au monde entier ! 

Ce processus de valorisation nombriliste à être aimé pour l’image que l’on véhicule est inquiétant. La  course effrénée aux followers tendant à exposer ses moindres faits et gestes est pathétique.

Se montrer pour exister” pourrait être le prochain sujet du bac philo.

Nul doute que ce sujet ferait le buzz !

Si vous avez lu ce livre je serais ravie d’avoir votre sentiment en commentaires.

Le blog va prendre ses quartiers d’été. Je vous souhaite de très belles vacances.

Vous avez aimé ce billet ? Merci de le partager !

19 commentaires

  1. coucou corinne, ce livre aborde un sujet très intéressant. comme tu le sais, je suis souvent effarée de lire certains posts, de voir certaines photos ou vidéos postés sur les réseaux sociaux … certaines passent leur journée à exposer leur soi disant vie de rêve. Il faut en prendre et en laisser. derrière tout ça il y a un mal-être, un grand besoin de reconnaissance. la nouvelle génération est née avec et ce monde d’argent facile et de cadeau à gogo les fait rêver… certaines mères sont prêtes à vendre leur âme au diable pour voir leurs enfants devenir des « stars » du net… Pour ma part, j’ai fixé les limites et elles me conviennent parfaitement. bisous.

  2. J’ai parfois le sentiment d’être aussi « vieille France » dans ma façon de ne pas aborder ces réseaux sociaux. Je confirme que le seul blog auquel j’ai adhéré c’est le tien Corinne car l’empathie est toujours présente aux travers tes différents articles même si une critique s’impose parfois. Mais cette critique ciblée sur la méchanceté des gens dans l’anonymat de leur réseau est juste parfaitement justifiée.
    Oui ce qui s’est passé pour cette si charmante Loane en est un exemple flagrant de non respect vis à vis de cette petite Maman qui gardait quelques kilos de maternité ! Quelle honte ! Quelle tristesse ! C’est juste cela aujourd’hui : l’enveloppe ! Paraître selon des critères bien précis et parfois d’une vulgarité extrême ..
    Je suis mamie d’une petite princesse et j’espère pouvoir suffisamment communiquer avec cette adorable petite fille pour lui expliquer que son « savoir être » plein de respect et d’amour sera fondamental. Je ne doute pas de ce que pourront lui apporter ses parents dans ce domaine, c’est rassurant.
    Bonnes vacances chère Corinne.

  3. Bonjour Corinne, nous n’avons pas (encore) lu ce livre. Ce sujet est tellement actuel ! Nos petits enfants vivent dans ce monde et il n’est pas facile de les orienter. Il ne faut pas les empêcher de connaître cet aspect de la vie moderne, d’ailleurs comment s’y prendre ? Mais il faut beaucoup discuter avec eux, leur montres la vraie vie et … être exemplaire dans ce domaine ! Si les parents sont collés du matin au soir sur leurs téléphone, ce n’est pas le bon exemple !
    Bon dimanche

  4. bonjour!

    compliqué de se positionner clairement sur ce sujet de philo lol Quel recul peut avoir la jeune génération sur ce mode de vie avec les réseaux? nous, nous avons eu l’avant et l’après..
    Je ne savais pas pour Louane..c’est pitoyable..La pauvre..

    Je te souhaite d’excellentes vacances!

  5. Chère Corinne j’ai bien aimé ton article qui me donne vraiment envie de lire se livre, sur ton point de vue je suis totalement d’accord, personnellement « je dis tu parles les réseaux sociaux, tu veux qu’on en parle », tu parles de socialisation quand à la moindre chose que tu partages on te rentre dedans ni un ni deux…. ton article est super vraiment d’accord avec toi amicalement

  6. Chère Corinne, nous avons souvent échangé à ce sujet et c’est vrai que c’est bien triste d’avoir besoin de vivre au travers du regard de l’autre par écran interposé, de s’inventer une vie car la nôtre ne nous satisfait pas. Je ne connais pas ce livre mais il me tente bien, c’est vraiment glaçant d’imaginer des parents prêts à tout pour assouvir leur quête de notoriété éphémère. Il est vrai qu’il est essentiel de protéger nos jeunes et de les mettre en garde contre le syndrome de l’objet brillant, car finalement il ne brille pas tant que ça !

  7. Les romans de Delphine de Vigan reflètent avec une grande acuité les excès de notre société à travers des histoires passionnantes. J’ai adoré Rien ne s’oppose à la nuit et d’après une histoire vraie et ce dernier roman semble être à la hauteur des autres.J’aime ta remarque des réseaux qui n’ont rien de sociaux. Cela résume le manque de respect, de pudeur et la violence des pratiques. Je pense que les jeunes naviguent en eaux troubles et que le rôle des parents et des enseignants sera de mettre en lumière les dérives. La lumière médiatique a toujours masqué des drames personnels chez les people ou artistes surexposés mais là tout un chacun s’imagine accéder à une forme de reconnaissance. Or le besoin de reconnaissance est tellement exacerbé par ce système mercantile qu’il va broyer les plus fragilisés. Acheter pour exister le système capitaliste à son apogée mais on voit les limites. Il y a une overdose aujourd’hui. Revenons à de vraies rencontres

  8. Bonjour Corinne, je n’en dirai pas plus ENTIEREMENT d’accord, nous sommes inondés de fausses vérités….. j’évite au maximum….. et je constate que la méchanceté va grandissant…. Quelle tristesse !!! Merci pour vos articles toujours bien dosés et tellement vrai. Un bel été à toutes. Bizzz

  9. Passionant et glaçant ton analyse mais tellement vraie ! Tu as tout dit et bien dit comme toujours. Mes petits enfants sont protégés des réseaux mon fils refuse de les exposer et je trouve cela très bien. Je vais lire le livre! Merci pour ce résumé qui donne très envie !

  10. Bonjour Corinne, quel bel article et si pertinent. j’ai lu le livre et je vous rejoins tout à fait, les ambitions de cette mère de famille qui n’a pas réussi dans sa vie et qui met en scène ses enfants du lever au coucher sont pathétiques. Quand aux personnes de notre génération (j’ai 55 ans) elle me font rire et me donnent envie de pleurer. S’exposer à longueur de temps pour promouvoir telle ou telle marque est affligeant, et moi cela me donne envie de fuir plutôt qu’acheter. Quand à Twitter je l’ai totalement délaissé comme vous dites c’est un déferlement de haine. Je suis des comptes instagram de voyage et de cuisine, je me suis désabonnée de tous les autres. Très bon repos et à très vite j’espère !

  11. Bonjour Corinne.
    Un article très intéressant. Il est vrai que la plupart des gens attendent de la reconnaissance sur les réseaux. Je m’en éloigne, trop stressant,.trop addictif et trop anxiogène.
    Je n’ai pas lu ce livre mais tu m’en donnes envie et Delphine de Vigan écrit si bien.
    Belle soirée et bonnes vacances.
    Emma

  12. Merci pour ce billet et ton analyse très pertinente. Dans mon métier, on mesure ces ravages depuis quelques années déjà sur les jeunes. Il y a le problème de l’exposition, de la consommation et aussi du harcèlement.Entre autres… C’est dire s’il faudrait être mesuré quant à l’acquisition de portables pour les gamins.
    Personnellement et tu le sais, j’ai quitté la plus part des réseaux et je suis vigilante sur ce que j’ai gardé, mais malgré cela, je suis souvent affligée de voir certains contenus, de lire certains commentaires. Je me demande ce qui passe par la tête de certaines femmes de notre génération pour s’exhiber ainsi et « promouvoir » des marques ou des colifichets qu’on oublie aussitôt la fenêtre fermée ?
    Si c’est ça la notoriété…. je préfère mon anonymat.

  13. Article très intéressant. Ma petite fille de 10 ans n’a pas de téléphone mais elle connait de jeunes youtubeuses qui montrent leur vie de rêve. Bien sûr, elle aussi voudrait devenir célèbre. J’ai voulu lui faire prendre conscience que ces gamines n’avaient plus de vie perso, que souvent leurs parents les obligeaient à un ‘quota’ de présence sur youtube. Ma petite fille a un peu de mal à comprendre. Nous avons pris un exemple, un article qu’elle devait présenter et dire en souriant qu’il était génial. Elle a compris que la mise en scène était difficile, qu’il fallait être patient, créatif et que ce n’était donc pas toujours drôle. Je lui ai expliqué que le ‘travail’ ne s’arrêtait pas là. Une autre partie invisible demande du temps : répondre aux demandes de partenariat, sélectionner des produits et surtout, répondre aux commentaires. Je pense qu’elle a compris que ce n’était pas que du rêve.

  14. Bravo pour cet article! Tu dis tout ce que je pense tellement sur ce monde fake et creux qui révèle souvent la carence de vie affective et de vie tout court des accros des réseaux. C’est comme de tout, l’excès est mauvais, autant pour ceux qui alimentent que pour ceux qui suivent, les deux se privent de leur vraie vie et s’avilissent. Je lirai ce livre! Merci

  15. Bonjour Corinne ,

    C’est la première fois que je prends le temps de commenter un de vos articles .
    Je n’ai pas encore lu le roman de Delphine de Vigan . Je tiens à vous dire que votre article est très pertinent . Vous dites tout haut ce que beaucoup pensent tout bas .
    Bel été à vous !

  16. Hello Corinne. Je n’ai pas encore lu ce livre mais il est au programme. Je crains juste que, comme ton article, il n’ajoute à mon « trop plein » jusqu’à l’écœurement face à ces réseaux sociaux sur lesquels je suis, professionnellement, et pour lesquels je n’ai qu’un seul et unique rêve: tout couper!
    Aujourd’hui, j’en suis à ressentir de la gêne pour ces personnes (et surtout des femmes) de tous âges qui s’exposent de la façon la plus pathétique qui soit. Je ne suis pas certaine que la condition féminine y gagne quoi que ce soit, au contraire.
    Bref, culturellement, socialement, anthropologiquement, on croit avancer mais d’après moi, quelle dégringolade! C’est effectivement très inquiétant.
    Je t’embrasse
    juliette

  17. Merci, vous me donnez envie de lire ce livre. Bonnes vacances, intimes et authentiques ! Amitiés solidaires.

  18. Bonjour Corinne ! Quel parfait et terrible article… Tu as tout dit et très bien dit. Cette analyse est parfaitement terrifiante et hélas, tellement vraie… C’est désolant, affligeant, terrifiant… Penser que toutes ces « nouvelles générations » ne connaissent et ne connaîtront que ce genre d’ambition et de mode de vie… Je m’interroge beaucoup à ce sujet, et je me fais ces réflexions tous les jours. Je me demande avec angoisse et une certaine tristesse ce que sera notre monde de demain, et ce qu’il est déjà, là, tout de suite… Les générations comme les nôtres, à cheval sur les 20e et 21e siècle sont chanceuses d’avoir connu une société sans les RS, avec d’autres valeurs, mais nous sommes aussi les témoins impuissants de cette évolution du monde qui ne présente pas que des bénéfices pour l’humain. Nous avons assez de recul pour faire la comparaison et constater les dérives. Mais après nous ? Que deviendront les générations qui n’auront connu que les écrans et le numérique depuis le berceau…? C’est très inquiétant.
    Je t’embrasse.

    • Bonsoir Corinne,
      Je n’ai pas lu ce livre et je ne pense pas le faire, je lis pour m’évader et plonger dans la triste réalité ne me tente pas du tout !
      Au demeurant je me méfie des réseaux, je ne suis pas sur Twitter et ce que j’en entend confirme mon choix, sur Facebook je ne suis « amie » qu’avec des connaissances et sur Instagram par contre je recherche le partage de goûts communs je selectionne les comptes qui me plaisent vraiment, c’est là que j’observe la dérive de ces réseaux « sociaux », sur les comptes de personnes qui ont pas mal de vues et sur lesquels certaines personnes n’interviennent que pour déblatérer ! C’est désolant !
      La recherche de notoriété facile n’est pas nouvelle (les concours de beauté en sont la preuve et les mamans qui « dressent » leurs filles pour les concours de mini miss) mais les réseaux ont exacerbé ce phénomène, le mettant à la portée de tous et c’est inquiétant.
      Nos enfants n’ont pas eu de portable avant l’entrée en seconde (et sans internetau départ) et l’ordinateur et la télévision étaient sous contrôle ce sont maintenant de jeunes adultes et ils semblent plutôt circonspects dans l’utilisation de ces outils mais malheureusement ce n’est pas le cas de tout le monde et c’est inquiétant pour l’avenir des jeunes générations.
      Cependant, autour de nous, je vois pas mal d’adolescents et aucun n’est intéressé par une carrière de You tubeur ou d’influencer ce qui me rassure.
      Bonnes vacances et à bientôt 😘

Envie de commenter ? N'hésitez pas , vos commentaires sont un plaisir et vous aurez une réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :